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Adrien Bayet est né le 23 décembre 1863 à Bruxelles. Il était médecin, chirurgien et professeur, et il s’est spécialisé dans la dermatologie, dans le traitement du cancer et de la syphilis. Il était principalement actif dans plusieurs institutions médicales bruxelloises telles que le CHU Saint-Pierre. Il a également été professeur à l’Université libre de Bruxelles. Il a joué un rôle important dans l’amélioration du traitement du cancer et dans l’organisation nationale des soins contre le cancer.
Portrait de Adrien Bayet, "Dossier biographique de Adrien Bayet", Conservé au ''Service des Archives, patrimoine et réserve précieuse de l'ULB'', Archives ULB 1834, Wikimedia Commons CC4.0
Biographie
Cancer et radium
Adrien Bayet est l’un des premiers médecins belges à avoir vu l’utilité de l’exposition des patients cancéreux au radium. Optimiste et réaliste, il met en garde que la thérapie au radium n’était pas la panacée contre le cancer. Adrien Bayet est également partisan de la réflexion et de l’expérimentation. Il a tenté de comprendre comment diviser une thérapie au radium de longue durée en différentes séances et de savoir quelle dose de radium doit être utilisée lors de chaque session. Accompagné d’autres médecins belges, comme Joseph Maisin, il a réfléchi au moment où les médecins devaient opérer et au moment où il fallait irradier les tumeurs au radium ou y apposer une plaque de radium. Adrien Bayet, lui-même, est un grand partisan de la combinaison de ces différentes méthodes, en particulier de l’irradiation des tumeurs après l’opération. Par ailleurs, le médecin belge s’est également intéressé aux radioscopies et à la radiodermite, c’est-à-dire l’irritation de la peau après un traitement au radium, aussi bien chez le patient que chez le médecin.
Très tôt, Adrien Bayet a également participé aux efforts visés à organiser le traitement du cancer au niveau national en se basant sur l’exemple des Français. Il a été membre de la Commission du cancer (1908) rattachée au Conseil de la santé publique, l’une des premières initiatives entièrement consacrées au cancer. Le professeur de l’ULB, avec son confrère médecin Antoine Depage, a fondé la Ligue nationale belge contre le Cancer en 1924. Cette dernière vise à coordonner les ressources scientifiques et sociales, à améliorer la communication entre les différentes institutions, à sensibiliser la population et à garantir la prise en charge sociale, une stratégie qui existait déjà pour le traitement des maladies vénériennes, la deuxième spécialité d’Adrien Bayet. Après la mort d’Antoine Depage, on lui a proposé de fusionner la Ligue avec l’Institut du radium de la Croix-Rouge de Belgique (Antoine Depage avait été président de la Croix-Rouge). L’Institut du Cancer était dirigé par le médecin Félix Sluys). Adrien Bayet a défendu l’indépendance de la Ligue, mais a encouragé une coopération plus étroite entre la Ligue et l’Institut.
Syphilis et maladies vénériennes
Au début du XXe siècle, Adrien Bayet a mené des examens cliniques sur le diagnostic et le traitement de la syphilis. À cette époque, l’attention qui était portée aux maladies vénériennes était à son apogée en Belgique. Ce médecin belge était un partisan des nouvelles méthodes de détection de la syphilis, telles que le test de Wassermann, ainsi que de nouveaux médicaments pour traiter la maladie, comme le Salvarsan. Cependant, le médecin belge met en garde contre la commercialisation de ces médicaments avant que ceux-ci n’aient été correctement testés et contre leur présentation comme « remèdes miracles ». Malgré ces premières réserves, Adrien Bayet était un fervent défenseur d’une approche médicale de la syphilis, plutôt que de l’approche moralisatrice. Il décrit la syphilis comme une maladie sociale et pas comme un mal venu à cause des comportements soi-disant immoraux des individus, comme c’était le cas avant. Une telle approche sociohygiénique met en place des médicaments innovatifs, comme l’arsenic, ainsi que de la prévention et la sensibilisation. C’est un changement considérable par
rapport à ceux qui existaient déjà qui était d’une approche peu efficace, comme la régulation de la prostitution.
Ces idées sociales hygiéniques étayent le rapport qu’il avait écrit après la Première Guerre mondiale pour le Conseil supérieur de la santé. Il croyait qu’il était grand temps de passer à la vitesse supérieure dans « le combat » contre les maladies vénériennes, car celles-ci étaient plus propagées pendant la guerre dans la population aussi bien chez les soldats que chez les civils. Ses idées les plus innovatrices étaient un traitement libre et anonyme, une réorganisation des soins de santé, de nouvelles institutions médicales, un meilleur renseignement de la population et un échange de connaissances entre apprentis. Les dispensaires avec des subventions de l’État, qui posaient des diagnostics et distribuaient des médicaments, jouaient un rôle crucial dans ses plans. La Ligue Nationale Belge contre le Péril Vénérienne, qu’il a fondé en 1921, s’est chargée de la création et la diffusion de la propagande. Adrien Bayet défendait aussi avec ardeur une approche globale, ainsi que toutes les personnes avec une expertise médicale, pas seulement les médecins. .
Pendant la deuxième moitié des années 1920, la Ligue publie des résultats positifs généraux. La Ligue a en effet remarqué une diminution et ensuite une stabilisation des chiffres généraux des infections. Adrien Bayet a prouvé que son approche fonctionnait. La hausse de la syphilis dans les cas locaux a renforcé l’idée que sa campagne devait être refaite. Par son succès relatif, Adrien Bayet parlait d’une « solution belge » et les étrangers reprenaient son discours.
Adrien Bayet meurt à Bruxelles le 4 juillet 1935.
Adhésion et reconnaissance
Il était membre de l’Académie royale de médecine de Belgique
Varia
La rue entre l’avenue Rommelaere et l’avenue Stiénon à Bruxelles a été rebaptisée en tant qu’avenue Adrien Bayet.
Publications
Adrien Bayet n’a pas uniquement publié à propos du cancer et de la radiumthérapie, mais aussi à propos d’autres sujets dans les maladies vénériennes comme le cancer, la radiumthérapie, la syphilis et d’autres maladies (vénériennes), comme la lèpre et l’hygiène en général. Il était aussi très intéressé par la culture de la Grèce antique et par l’archéologie. Il a aussi écrit des textes sur ses sujets.
Liste avec les publications dans Union Catalogue of Belgian Libraries (Unicat) avec comme mot-clé « Bayet, Adrien »
Bibliographie
Bruynoghe, R., ‘Adrien Bayet’, Bulletin de l’Académie Royale de Médecine de Belgique, 1935.
Van Duyse, G. M., ‘Adrien Bayet’, Bulletin de l’Académie Royale de Médecine de Belgique, 1936.
Hommage à la mémoire du professeur Bayet, Brussel, Ligue nationale belge contre le péril vénérien, 1936).
‘Adrien Bayet’, Académie Royale de Médecine de Belgique, 2020 [3], pages consultées le 29 januari 2020.
Neefs, Hans, ‘The Introduction of Diagnostic and Treatment Innovations for Syphilis in Postwar VD Policy: «L’expérience Belge»’, Dynamis. Acta Hispanica Ad Medicinae Scientiarumque Historiam Illustrandam, 24 (2004), 93–118.
Jo Tollebeek, Geert Vanpaemel en Kaat Wils (eds.), Degeneratie in België 1860 - 1940: een geschiedenis van ideeën en praktijken, Leuven, Universitaire Pers Leuven, 2003).