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Jean-Baptiste van Mons

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10/11/1765 (Bruxelles) → 06/09/1842 (Louvain)
Date de dernière modification: 02/03/2026
17 min.

Pharmacien, médecin, chimiste, physicien et horticulteur né à Bruxelles le 10 novembre 1765 et décédé à Louvain le 6 septembre 1842.

Biographie

Jean-Baptiste Van Mons passe son enfance à Bruxelles, où son père, Fernand Philippe Van Mons (1719-1794) est receveur au Grand-Béguinage. Le jeune Van Mons poursuit ses études dans un collège à Turnhout 1et entre ensuite comme apprenti dans une pharmacie bruxelloise. Le 3 septembre 1787, il passe avec distinction les épreuves de maîtrise en pharmacie.2 En 1789, il reprend, selon certains auteurs, l’officine du pharmacien Van de Sande au centre de Bruxelles, selon d’autres, il crée sa propre pharmacie.3 À cette période, Van Mons montre un grand intérêt pour les développements de la chimie. Il est un des premiers à diffuser aux Pays-Bas les théories antiphlogistiques d'Antoine-Laurent de Lavoisier (1743-1794). En 1785, Van Mons publie le résultat de ses expériences personnelles, qui soutiennent les théories de Lavoisier. Autodidacte, il apprend aussi plusieurs langues étrangères en plus du français et de néerlandais: l’allemand, l’anglais, l’italien et le suédois.4

Au cours de la Révolution brabançonne, Van Mons, vonckiste, est membre de la société secrète et révolutionnaire, Pro patria.5 Son surnom est Annibal de Cartache. Le 5 août 1790, il est arrêté dans son officine et emprisonné à la Porte de Hal pendant trois mois sous la prévention de crime de haute trahison ou de lèse-majesté envers l'empereur Joseph II.6 La révolte contre le pouvoir autrichien échoue cependant peu de temps après . Plus enclin à la clémence, l'empereur Léopold II, successeur de Joseph II, accordera l'amnistie à Van Mons faute de preuve. Deux ans plus tard, suite à la bataille de Jemappes, les Français envahissent les Pays-Bas autrichiens. Sous le gouvernement révolutionnaire français, un conseil populaire est élu à Bruxelles ; Van Mons, qui s'était distingué par ses opinions progressistes, est élu comme parlementaire. Après une courte restauration du pouvoir autrichien, la bataille de Fleurus scelle en 1794 sa défaite définitive. Van Mons entre aussitôt en contact avec les vainqueurs français; il a alors l'occasion d'étudier un « gadget » technique mis au point par les ingénieurs de l'armée française: un ballon utilisé pour observer les positions ennemies. Van Mons fait également la connaissance de Claude Roberjot (1752-1799), parlementaire aux Pays-Bas, avec qui il gardera le contact par la suite.7 Via Roberjot, Van Mons rencontre d'autres scientifiques français, et s'introduit de cette manière dans le milieu académique parisien. En 1796, une lettre personnelle d'Étienne de Lacepède (1756-1825) lui annonce son entrée à l'Institut de France comme membre associé ; en 1796, il est choisi comme membre de la rédaction des « Annales de Chimie » de Lavoisier.

À son tour, Roberjot prie Van Mons de lui fournir un rapport sur les ressources et les richesses du nouveau territoire français. Il demande également au pharmacien d'établir une liste des scientifiques originaires des Pays-Bas du Sud et de Bruxelles, dotés d'une bonne réputation dans le milieu de la recherche. Le régime français avait besoin de nouveaux enseignants, car il avait supprimé les institutions existantes au profit d'un nouveau système d'enseignement formé d'écoles centrales. Le 11 avril 1797, Van Mons lui-même est nommé professeur de physique et de chimie à l’École centrale du département de la Dyle à Bruxelles. Entre-temps, il poursuit ses études de médecine, entamées plus tôt. Le 15 décembre 1800, suite à une dissertation sur les maladies contagieuses, il est reçu docteur en médecine par l’Université de Helmstadt.

En 1805, il crée avec Jean-Baptiste Terrade (1770-1820), et son beau-frère, François-Antoine Curtet (1763-1830) une école pour former les officiers de santé. Ses fondateurs ont pour ambition de réorganiser l'enseignement de manière plus stricte, et de fixer les conditions de formation et de nomination des futurs médecins; ceci doit permettre de rétablir l'ordre dans l'exercice de la médecine en écartant ceux qui ne sont pas qualifiés. L'école ouvre ses portes le 14 février. Van Mons dispense les cours de physiologie, de pharmacologie et de pharmacie. Le 19 août de la même année, l'établissement est remplacé par l'École départementale de médecine, de chirurgie et d'accouchements pour l'instruction des officiers de santé et des sages-femmes et Van Mons démissionne de son poste .8 Dans les années qui suivent, il se consacre entièrement à ses études, et abandonne sa pharmacie. Le 31 août 1808, il défend sa thèse devant l’école de Médecine de Paris : Dissertation sur l’origine et la distribution uniforme de la chaleur animale.

Lors de la fondation de l’Université d’Etat à Louvain en 1817, le gouvernement des Pays-Bas le nomme professeur à la nouvelle faculté des sciences. Il y occupe la chaire de chimie, de médecine et d’agronomie. Van Mons est l’un des rares professeurs de la faculté à être originaire du pays. Les autorités hollandaises ont toutes les peines du monde à trouver des candidats compétents pour l’ensemble des postes à pourvoir dans leurs propres régions. Ils recrutent alors des spécialistes à l’étranger. Parmi ses élèves, il compte entre autres Jean-Servais Stas (1813-1891), Laurent Guillaume De Konick (1809-1887) et Pierre-Joseph Hensmans (1802-1862). En 1835, lorsque l’université d’État est supprimée, Van Mons est nommé à l’université de Gand. Il refuse cependant de déménager et est admis à l’éméritat ; il est remplacé par son ancien assistant, Pierre-Joseph Hensmans.

Parallèlement à ses études de médecine et de chimie, Van Mons s’intéressait de près à l’horticulture. À 22 ans, il jette les bases d’une théorie sur la variabilité des espèces. Il construit en 1785 une pépinière expérimentale à Bruxelles (dite de la Fidélité). Van Mons devient un horticulteur renommé, réputé en particulier pour ses variétés de poires. A son palmarès figurent quelque 500 nouvelles sortes de poires, parmi lesquelles la toujours populaire Beurré ou Doyenne de Mérode, nommée d'après le prince de Mérode de Westerloo. Le somptueux raisin bleu « Frankenthaler De Coster », la plus ancienne variété de raisin encore cultivée en Belgique, est également créée par Van Mons. En 1819, Van Mons est contraint de déménager à Louvain, en raison de sa nouvelle affectation ; il emporte autant de variétés d'arbres qu'il le peut de sa pépinière de 300 hectares. Cette deuxième pépinière est détruite en 1831 par l’armée française. Trois ans plus tard, Van Mons doit à nouveau déménager sa pépinière. A sa mort, une Société Van Mons est créée pour conserver les collections d’arbres fruitiers formées par Van Mons et par son successeur Alexandre Bivort (1809-1872), mais celle-ci cesse d’exister après 1869.

Van Mons est nommé académicien le 3 juillet 1816, au moment où l’Académie royale des Sciences et Belles-Lettres est rétablie. Van Mons est nommé membre associé étranger de l’Académie de Paris en 1814.9 Il est membre de plusieurs autres sociétés savantes: la Bataafsch Genootschap der Proefondervindelijke Wijsbegeerte te Rotterdam, Accademia Imperiale di Scienze, Letteratura e Belle Arti de Turin, Conseil des mines et des arts et manufactures de Paris, les sociétés de médecine de Lyon, de Bordeaux, de Carpentras et d'Anvers. Il est décoré de l’Ordre de Léopold en 1836.

En 1789, la Société de physique expérimentale de Bruxelles le nomme secrétaire perpétuel. A la même époque, il devient membre de la Natuur- en Letterkundig Genootschap à Alkmaar. En 1795, il participe à la fondation à Bruxelles de la Société de médecine, chirurgie et pharmacie sous la devise Aegrotantibus et en devient secrétaire. Celle-ci ne survit pas longtemps et est remplacée le 3 juillet 1804 par la Société de médecine de Bruxelles. Van Mons sera moins impliqué dans cette association que dans la précédente.10

Van Mons est enterré au cimetière de Molenbeek-Saint-Jean. En 1893, le gouvernement commande un buste le représentant.11

Travaux

Van Mons est un scientifique polyvalent, précurseur dans divers domaines tels que la chimie, la physique, la météorologie et la pomologie. Très jeune, il montre un intérêt pour la chimie et entre en contact avec Antoine-Laurent de Lavoisier (1743-1794) dont il diffuse les idées novatrices. En 1792, il fait paraître dans les Annales de chimie plusieurs expériences personnelles appuyant les théories de Lavoisier. Deux ans plus tard, il publie une édition de la Philosophie chimique ou vérité fondamentale de la chimie moderne d'Antoine François Fourcroy (1755-1809), augmentée de notes et d’observations sur le rôle de l’eau et de la lumière sur la production et la décoloration des pigments des plantes. Le 16 janvier 1797, dans une lettre de Fourcroy, Van Mons est invité à faire partie du comité de rédaction des Annales de chimie et de physique. Le 30 avril 1797, il devient le correspondant de Alexander von Humboldt (1769-1859) pour la publication de ses ouvrages à Paris.

Le phénomène électrique est une autre grande passion de Van Mons. Il défend l'hypothèse de Franklin sur l’existence d’un seul fluide électrique, et communique à ce sujet avec Luigi Valentino Brugnatelli. En 1793-1794, il réunit toutes ses observations dans un ouvrage Principes d'électricité, en confirmation de la théorie électrique de Franklin : adressés dans une lettre à Brugnatelli12. Van Mons cherche également des explications électriques aux phénomènes météorologiques, en particulier le brouillard. Il publie plusieurs articles de vulgarisation sur cette thématique dans le Journal de Bruxelles. En 1808, il publie Censura commentarii a Wieglebo nuper editi de vaporis in aerem conversione13. En avril 1827, il présente un mémoire Sur quelques particularités concernant les brouillards de différente nature14 .

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Page de Garde Arbres Fruitiers

Au cours de ses recherches, Van Mons, polyglotte, joue un rôle de trait d’union entre les théories de différents savants allemands, anglais, français et italiens, appuyant ou réfutant leurs théories tout en traduisant et complétant leurs travaux.15 Le 7 octobre 1801, Van Mons lance pour la première fois une nouvelle revue : le Journal de Chimie et de Physique. Ce périodique rend compte, sur base de la correspondance de Van Mons, de toutes les découvertes et observations des scientifiques de l’époque16. Via le Journal de chimie et de physique, il contribue à la diffusion de de la pile d’Alessandro Volta (1745-1827). En 1819, il fonde avec Jean-Baptiste Bory de Saint-Vincent (1778-1846) et Pierre Auguste Joseph Drapiez (1778-1856) les Annales générales de Sciences physiques consacrées aux Sciences naturelles, dont six volumes paraissent entre 1819 et 1822.

En 1800, Van Mons publie la Pharmacopée manuelle pour lutter contre l'empirisme et l’ignorance par rapport à la production et la consommation de différentes drogues. Il donne un nom scientifique à chaque médicament et simplifie les formules de préparation. L’ouvrage est traduit en plusieurs langues.17 Il promeut les bienfaits de la vaccination jennérienne et précise le classement des éléments chimiques. Il publie d’autres pharmacopées et ouvrages de pharmacie. En 1817, il édite la Pharmacopée universelle du médecin praticien publiée en 1805 par François-Xavier Swediaur (1748-1824), enrichie de divers éléments et commentaires. Il réédite, en 1821 et 1822, sa pharmacopée sous le titre : Pharmacopée usuelle, théorique et pratique en deux volumes.18

Dans le domaine de l’horticulture, la plus importante de ses découvertes est un procédé permettant de transporter à grande distance des scions d’arbres fruitiers ; ceci multiplie les variétés de fleurs et de fruits en fonction du sol dans lequel les semis sont implantés. Il développe également une théorie sur la variabilité des espèces et l'hérédité des caractéristiques. Il établit que les premières graines d'une jeune variété d'arbres fruitiers produisent des arbres dont les graines sont certes encore variables, mais qui sont moins enclins à retourner à l'état sauvage que les arbres provenant de variétés bien plus anciennes. En 1823, il met en évidence l’existence de 2000 variétés dans un catalogue de fruits. En 1835 et 1836, il publie son célèbre ouvrage Arbres fruitiers, ou Pomonomie belge19 La qualité de ses poires est reconnue jusqu’aux Etats-Unis ; il est nommé correspondant des sociétés d’horticulture de Boston, de New-York et du Massachusetts. Il obtient par ailleurs différentes médailles d’or de la Société royale et centrale d’Agriculture de la Seine et de la Horticultural Society of London.

Publications

 


Mémoires de l'Académie 
 

Bibliographie

 

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